vendredi 15 mai 2009

L'étranger de Albert Camus-- l'exposé de Ghindo

REPUBLIQUE DU SENEGAL
MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE







PLAN

INTRODUCTION

I BIOGRAPHIE DE ALBERT CAMUS

II BIBLIOGAPHIE

III RESUME DE L’ŒUVRE

IV ETUDE DU THEME PRINCIPAL

V ÉTUDE DE QUELQUES PERSONNAGES

CONCLUSION

EXPOSANTS

DIOP Abdoul Ghindo Chef de groupe
DANDIO Daouda
FALL Codou Gueye
NDOUR Papa Samba Abel
SAGNA Yankouba
SECK El Waly
SECK Saër
TRAORE Adama


PROFESSEUR: Mr NDOUR


CLASSE:




© Lycée BLAISE DIAGNE 2008-2009 Tl2c

INTODUCTION

L’Étranger est le récit d’une existence, celle de Meursault, qui vit à Alger, indifférent à ceux qui l’entourent, à Marie qui l’aime, comme au décès de sa mère, étranger à lui-même dans une vie marquée par l’absence de passion. Meurtrier d’un Arabe qui, pense-t-il, le menaçait, Meursault est jeté en prison, et dans l’attente de son jugement réfléchit lucidement à sa condition. Sa vie passée, son geste assassin et son procès ne lui semblent que l’inévitable enchaînement de l’absurdité de l’existence à laquelle l’homme ne peut rien espérer opposer d’autre que l’absurdité de ses actes. Condamné à mort, Meursault persiste dans son obstination et ne s’émeut pas de la sentence inéluctable.

I BIOGRAPHIE DE ALBERT CAMUS

Albert Camus est né le 7 novembre 1913 en Algérie d'un père d'origine alsacienne et d'une mère d'origine espagnole.
Son père est mobilisé en septembre 1914. Blessé à la bataille de la Marne, il meurt en octobre 1914. Camus n'a donc pas connu son père.
Journaliste, écrivain, passionné de théâtre, il marque la vie culturelle française de 1936 à 1960.
Comme tous les Français d'Algérie, il est traumatisé par la guerre d'Algérie dont il ne verra pas le dénouement tragique. Le 4 janvier 1960, il trouve la mort dans un accident de voiture.

II BIBLIOGAPHIE


Romans et nouvelles
· L'Etranger (1942)
· La Peste (1947)
· La Chute (1956)
· L'Exil et le Royaume, nouvelles (1957)
· La Mort Heureuse (publ. 1971)
· Le Premier Homme (publ. 1995)
Théâtre
· Révolte dans les Asturies (1936)
· Caligula (1944)
· Le Malentendu (1944)
· L'Etat de Siège (1948)
· Les Justes (1950)
Essais
· L'Envers et l'Endroit (1937)
· Noces (1939)
· Le Mythe de Sisyphe (1942)
· L'Homme Révolté (1951)
· Actuelles I - Chroniques 1944-1948 (1950)
· Actuelles II - Chroniques 1948-1953 (1953)
· Actuelles III - Chroniques algériennes 1939-1958 (1958)
· Lettres à un Ami Allemand, (1945)
· Réflexions sur la guillotine, in Réflexions sur la peine capitale (Camus/Koestler, 1957)
· Discours de Suède (1958)
III RESUME DE L’ŒUVRE

Le lieu de la narration se situe à Alger, à une époque non déterminée mais qui se situe probablement dans les années trente, cette période correspond d’ailleurs à la jeunesse de Camus dans cette ville, où il est né en 1913. Le personnage principal, qui est aussi le narrateur, s’appelle Meursault, un modeste employé de bureau, ordinaire et athée, sans opinions ni convictions particulières. Meursault est une sorte d’anti-héros, terne et sans couleur, confronté à l'absurdité de l'existence. L'oeuvre est divisée en deux parties : dans un premier temps, le meurtre, dans un deuxième, le procès.
Première partie : l'existence de Meursault est présentée sous la forme d'un journal que tient le narrateur. Meursault y décrit avec application sa vie quotidienne, qui pourtant ne comporte pas d'événements significatifs. Survient alors la mort de sa mère, et son enterrement. Meursault accueille sans émotion cette disparition (il refuse de voir le corps de sa mère, il fume tranquillement durant la veillée funèbre). Durant l’enterrement, il suit avec indifférence le corbillard jusqu’au cimetière sous le puissant soleil d'Afrique du Nord. Le lendemain même de la mort de sa mère, il rencontre à la plage Marie Cardona, une ancienne collègue. Leur liaison commence immédiatement, ils se rendent le soir au cinéma pour voir un film comique puis passent la nuit ensemble. Plus tard, Marie exprime son désir de se marier avec Meursault, une idée que ce dernier accepte sans enthousiasme, comme si elle ne le concernait pas. Meursault admet qu’il n’éprouve pas de sentiment particulier envers la jeune femme, mais qu’il acceptera cette union si elle le désire. Enfin, cette première partie se termine sur un événement extraordinaire : sans motif apparent, sur une plage inondée de soleil, Meursault tue de quatre coups de revolver un Arabe qui semblait le menacer d'un couteau.
Deuxième partie : Meursault est jugé par un tribunal pour le meurtre qu’il a commis. Cette fois, le mode narratif change pour adopter la forme du récit rétrospectif, par lequel les actions de Meursault sont examinées et analysées par le procureur général qui mène l’accusation. Meursault ne choisit pas d’avocat pour le défendre, il accepte sa culpabilité sans paraître concerné. Meursault semble en fait assister à son procès comme témoin plutôt que comme accusé. Curieusement, au lieu de s’attacher à clarifier les circonstances du crime commis par Meursault, la justice se concentre sur la personnalité de Meursault, son athéisme, son indifférence envers la mort de sa mère, son caractère asocial, sa vie dissolue. Dans le contexte colonial de l’Algérie contrôlée par la France, l’assassinat d’un Arabe par un Français ne paraît pas avoir grande importance, Meursault aurait pu être facilement acquitté s’il avait plaidé la légitime défense. Pourtant, Meursault est finalement condamné à mort, plus pour son indifférence aux normes de la société que pour son crime.
Le comportement de Meursault est celui d’un étranger, étranger à la communauté sociale, aux moeurs, aux croyances, à la vie. "Ça m'est égal" est une phrase qu'il répète souvent, indiquant son éloignement des choses qui l'entourent. Son attitude envers la société est un crime d’indifférence. Même si Meursault n’en est pas conscient, il pressent l’absurdité du monde, l’absence d'un sens qui justifie fondamentalement l’existence.
IV ETUDE DU THEME PRINCIPAL

L'Etranger (1942), l'un de ses premiers ouvrages, se caractérise par un style extrêmement neutre - une écriture « blanche » - et méthodiquement descriptif. Le héros et narrateur, Meursault, un employé de bureau, y semble « étranger » à lui-même; dépourvu de sentiments vis-à-vis des êtres et des situations, il donne l'impression d'agir de manière machinale. La lumière, le soleil, la chaleur semblent être la cause d'une soudaine précipitation des événements: sur une plage, à la suite d'une bagarre, il tue un homme de cinq coups de revolver, sans pouvoir fournir de véritable raison à son acte. C'est précisément dans ce décalage entre l'individu et le monde que se situe la dimension absurde de la condition humaine.
L'absurde comme réalité inhérente à la condition humaine est le thème central de la philosophie que Camus développe dans un premier temps. Le Mythe de Sisyphe, essai sur l'absurde, publié la même année que l'Etranger, aborde cette même idée d'un point de vue théorique: comme Sisyphe, condamné à pousser éternellement son rocher, l'Homme est voué à subir un enchaînement automatique d'expériences absurdes. Mais c'est paradoxalement dans la prise de conscience de cette situation qu'il se libère car, délivré de toute illusion, il peut alors chercher le bonheur en profitant du temps présent. Ainsi, à la fin de l'Etranger, dans sa cellule, la nuit précédant son exécution, Meursault, devenu conscient et libre, profite intensément des derniers instants de sa vie.

V ÉTUDE DE QUELQUES PERSONNAGES

MEURSAULT
Meursault, le narrateur, relate les événements comme s'il était extérieur à lui-même, sans les commenter ou les situer dans une chaîne logique. Ainsi, il donne l'impression d'être parfaitement étranger au monde dans lequel il vit. Il y a donc deux points de vues différents dans la narration:
- un point de vue interne (celui de Meursault, qui relate à la première personne son histoire)
- un point de vue externe (Meursault parle de ce qui lui arrive comme s'il s'agissait de quelqu'un d'autre)
Si Meursault est condamné, c'est d'abord pour s'être montré insensible au moment de l'enterrement de sa mère. Insensible, c'est-à-dire irrespectueux des convenances. Il n'a pas adopté le comportement qu'on attendait de lui en de telles circonstances. Il a fumé, bu du café au lait, refusé de voir le corps de sa mère; il est allé au cinéma et a passé la nuit avec Marie Cardona... Tout se retourne contre lui au moment du procès et le procureur demande sa tête parce qu'il n'a pas montré les signes de douleur et ne s'est justifié ni au cours de l'instruction, ni pendant les audiences. On peut donc dire que le crime jugé dans l'Etranger n'est pas le meurtre de l'Arabe mais le mépris des conventions sociales.
Meursault, le personnage romanesque, vit à Belcourt, un faubourg populaire d'Alger. Il a des habitudes de célibataire ("Je me suis fait cuire des œufs et je les ai mangés à même le plat, sans pain parce que je n'en avais plus et que je ne voulais pas descendre en acheter."), et les premières pages du romans le décrivent comme un employé dérangé dans sa routine par la mort de sa mère, qui va bouleverser son rythme quotidien. A chaque jour, les mêmes occupations, le bureau, le déjeuner chez Céleste, le "tram", les bains de mer, les promenades sur le port, la contemplation des passants... C'est cette routine que le meurtre vient interrompre.
Si Meursault n'exprime aucun sentiment, il éprouve des sensations fortes. Juste avant le meurtre, il ressent la brûlure du soleil de manière particulièrement aiguë. C'est ce mélange de sensations exacerbées sous l'action du soleil qui joue un rôle déterminant dans l'enchaînement qui le conduit à tuer.
Meursault n'est pas le même au début et à la fin du roman. Dans les premières pages, il évoque la mort de sa mère en langage administratif ("Après l'enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle."). A la fin du roman, Meursault pense à sa mère en d'autres termes ("Il m'a semblé que je comprenais pourquoi à la fin d'une vie elle avait pris un "fiancé", pourquoi elle avait joué à recommencer."). Avant son exécution, il ne se contente plus de raconter les faits matériels qui occupent sa vie routinière. Ses sentiments à l'égard de sa mère ont évolué. Elle ne lui apparaît plus comme une présence lointaine et indifférente. Il l'évoque comme un être humain, semblable à lui dans leur condition commune. Tout se passe comme si la proximité de la mort permettait à Meursault de trouver une relation nouvelle avec les autres et le reste du monde. Les différentes étapes de sa transformation correspondent à sa découverte de l'Absurde.

MARIE
Meursault retrouve cette dactylo qui a travaillé dans son bureau par hasard à l'établissement de bains du port. Avec elle il parle peu et il a essentiellement des rapports sensuels. Il se baigne avec elle à trois reprises et, à chaque fois, la présence physique de la jeune femme est associée à la perception d'une harmonie avec les éléments naturels: La mer et le soleil. Marie permet, en quelque sorte, la communion du héros avec la nature. Au cours des trois bains, Marie est liée à la présence de la mer, et son corps devient un élément du décor naturel parmi d'autres.
RAYMOND SINTES
Meursault devient son ami sans l'avoir choisi. C'est son voisin qui l'invite chez lui "à manger un morceau". "J'ai pensé que cela m'éviterait de faire ma cuisine et j'ai accepté." Il reste passif, comme avec Marie. Pourquoi Raymond Sintès lui demande-t-il d'écrire une lettre à sa maîtresse? Ses motifs restent obscurs au lecteur et à Meursault, qui ne se pose pas la question. Meursault ne pose pas de jugement sur Raymond tout en connaissant sa réputation de souteneur.
Raymond joue un rôle important dans la condamnation de Meursault: à cause de la lettre qui permet au procureur de parler de la moralité douteuse de Meursault. C'est aussi Raymond qui a mis en contact la victime et le meurtrier, et a donné son revolver à Meursault.
SALAMANO
Ce personnage ne joue aucun rôle dans la progression de l'action. A la fin du chapitre 4, Salamano vient de perdre son chien et Meursault l'entend pleurer. D'autre part, c'est Salamano qui lui avait appris ce qu'on disait dans le quartier quand il avait mis sa mère à l'asile. La narration établi ainsi un rapport entre les deux couples: Meurault-sa mère et Salamano-son chien. Ces effets de miroir soulignent l'idée de la perte d'un être cher sans que de tels sentiments soient directement attribués à Meursault. Le lecteur est conduit par le jeu du texte à faire ses rapprochements et à interpréter Salamano comme un double déformé de Meursault.
CONCLUSION
La technique narrative de l'Etranger est caractéristique: les phrases brèves du récit se succèdent, sans apparentes articulations logiques entre elles. Le style indirect, volontairement sur utilisé, provoque un sentiment de distance qui accentue l'étrangeté du personnage principal. L’usage du passé composé, plutôt que du passé simple, temps symbolique du récit romanesque, donne l'impression d'une accumulation de faits objectifs. Le lecteur éprouve ainsi un certain malaise, émanant de l'atmosphère pesante de l'œuvre.

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